Des besoins en oméga 3 tout au long de la vie

Les effets des oméga 3 chez le fœtus et le bébé

Les lipides, et notamment les oméga 3, sont indispensables pour le fonctionnement du corps humain, et ceci dès le plus jeune âge.

Dès la conception de l’enfant, les besoins en oméga 3 chez la femme enceinte augmentent, en particulier pendant le 2ème trimestre de la grossesse. Le fœtus se nourrit et se développe grâce à l’alimentation de sa mère par le biais du placenta. L’apport en oméga 3 doit être suffisant chez la femme enceinte car il est prouvé que la consommation de DHA par la mère contribue au développement normal des yeux et du cerveau du fœtus. En effet, naturellement l’ALA et le DHA se concentrent dans les yeux au niveau des cellules de la rétine ainsi que dans les neurones.

Lire notre article: Enceinte, pensez aux oméga 3 !

Après la naissance du bébé, les besoins en oméga 3 sont également plus accrus pendant la période d’allaitement. Pour l’aider à grandir, le bébé a besoin de DHA pour un développement optimal de son cerveau (développement neurologique) et de ses yeux pendant les premières semaines de sa vie. La teneur en oméga 3 dans le lait maternel dépend explicitement de l’alimentation de la mère. La maman doit surveiller son apport alimentaire en oméga 3 pour assurer un lait maternel riche en DHA.

Les oméga 3 sont ainsi essentiels pour la maturation du système visuel, du système nerveux et de la vitalité intellectuelle chez les jeunes enfants.

Lire notre article: Allaitement ou biberon : comment apporter suffisamment d’oméga 3 à son bébé ?

 

Les effets des oméga 3 chez les adultes et les seniors

La rétine étant composée d’acides gras oméga 3, ils sont nécessaires pour entretenir les capacités visuelles avec l’âge. De nombreuses études ont montré qu’une déficience en oméga 3 provoque des dommages au niveau de la rétine et fait diminuer la vision.

L’apport en oméga 3 doit donc être maintenu à l’âge adulte mais aussi chez les personnes âgées.

En effet, selon les résultats de l’étude AREDS2*, ils permettraient de prévenir la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Cette maladie dégénérative de la rétine peut survenir à partir de l’âge de 50 ans. Elle touche principalement la macula qui est la zone centrale de la rétine et amène à une perte progressive de la vision centrale. Par ailleurs, des travaux récents mettent en évidence l’intérêt des oméga 3 pour réduire les symptômes de la sécheresse oculaire.

Lire notre article: Pourquoi le DHA est essentiel pour une bonne vision ?

Au niveau du cerveau, les neurones sont composés également d’oméga 3 ce qui leur confère une faculté d’élasticité et de fluidité. Ils jouent ainsi un rôle primordial dans le bon développement et fonctionnement du système nerveux (mémoire, concentration…). L’agence ANSES met en avant plus précisément l’intérêt de l’EPA et du DHA dans le fonctionnement normal du cerveau chez les adultes et les personnes âgées. Certaines études ont démontré un effet positif de ces AGPI sur la santé mentale, notamment leur action bénéfique sur la dépression et la démence.

Lire notre article : Nos conseils pour éviter le burn-out

Les differents types de « gras »

Les lipides

De manière générale, les lipides sont étroitement liés à la santé du système cardiaque. En effet, une teneur élevée du taux sanguin en lipides (hyperlipidémie) engendre une augmentation du cholestérol et des triglycérides dans le sang. Souvent dû à une mauvaise alimentation, un excès de cholestérol et de triglycérides représente l’un des facteurs majeurs de risque de maladies cardiovasculaires. Afin de mieux comprendre le mécanisme, il est important de comprendre comment sont transportés les lipides dans l’organisme. Insolubles dans l’eau, ces corps gras sont véhiculés dans le sang sous forme de molécules solubles dans un milieu aqueux, appelées lipoprotéines. Il existe plusieurs groupes de ces lipoprotéines définis en fonction de leur densité, notamment les LDL (lipoprotéines de faible densité) et les HDL (lipoprotéines de haute densité) qui jouent le rôle de transporteur du cholestérol dans le sang. Les dosages sanguins en LDL et HDL permettent ainsi de définir le taux de cholestérol total circulant dans le sang.

Ces lipoprotéines n’ont pas toutes les mêmes conséquences sur le système cardio-vasculaire. Les HDL récupèrent l’excès de cholestérol dans les tissus et les réorientent vers le foie qui les transformera par la suite en acides biliaires. A l’inverse, les LDL transportent le cholestérol depuis le foie vers les organes et les cellules qui en ont besoin. Le cholestérol en excès dans le sang a tendance à se déposer sur les artères et à provoquer la formation de plaques d’athérome. Les HDL sont donc protecteurs pour le cœur c’est pourquoi on parle de « bon cholestérol ». Les LDL, au contraire, augmentent les risques de complications cardiovasculaires. Ils sont appelés plus communément « mauvais cholestérol ».

Lire notre article: Gras ou sucre, lequel fait grossir ?

Les acides gras

La nature des acides gras apportés par l’alimentation a un impact direct sur la cholestérolémie et le taux sanguin en triglycérides.

Les acides gras saturés présents dans le beurre et la margarine sont connus pour augmenter le « mauvais cholestérol ». Il faut donc en consommer raisonnablement.

Les oméga 9 ou acides gras monoinsaturés, comme l’acide oléique retrouvé principalement dans l’huile d’olive, diminuent le taux de LDL et augmentent le taux de HDL.

Les oméga 6 réduisent la teneur en LDL dans le sang mais ont par contre tendance à diminuer le taux en HDL.

Quant aux oméga 3, ils n’ont pas d’influence directe sur le taux en LDL. Ils sont par contre capable de faire augmenter la teneur en HDL. De plus, ils ont une action anti-inflammatoire et permettent de fluidifier le sang. Ainsi, ils préviennent la formation de caillots dans le sang (thrombose) et les risques d’athérosclérose. Il est prouvé scientifiquement que l’EPA et le DHA contribuent au bon fonctionnement du cœur. De nombreux travaux scientifiques soulignent aussi un intérêt de la consommation d’oméga 3 pour diminuer la pression artérielle chez les sujets souffrant d’hypertension artérielle. Ils réduisent aussi la teneur en triglycérides dans le sang (références site ANSES).

Lire notre article: Oméga 3, des anti-inflammatoires naturels ?

 

L’importance du ratio oméga 6/oméga 3 pour la santé

Les oméga 3 et 6 constituent des précurseurs pour la fabrication de certaines substances, appelées les eicosanoïdes. En détail, cela correspond aux prostaglandines, cytokines, leucotriènes et thromboxanes.

Les eicosanoïdes issus des oméga 6 interviennent dans le fonctionnement du système nerveux et cardiovasculaire. Ils jouent aussi un rôle dans les défenses immunitaires, l’inflammation (fièvre, douleur…) et les fonctions de la peau (cicatrisation). Cependant, leurs bienfaits pour la santé sont contrebalancés en cas de consommation excessive d’oméga 6. Le rapport oméga 6 / oméga 3 est alors déséquilibré et peut engendrer à l’inverse des complications cardiovasculaires, des réactions inflammatoires ou allergiques et des maladies auto-immunes.

A l’opposé, les eicosanoides issus des oméga 3 présentent des propriétés anti-inflammatoires et améliorent le flux sanguin. Ils préviennent par conséquent l’agrégation plaquettaire et évitent les risques de maladies cardiovasculaires.

Aujourd’hui, toutes ces données scientifiques convergent dans le même sens. Les lipides sont essentiels et indispensables pour le bon fonctionnement de l’organisme. Cependant, selon la nature des lipides, les acides gras peuvent avoir des effets bénéfiques ou négatifs sur la santé. Tout est une question d’équilibre, c’est pourquoi il est recommandé de manger sain et varié.

Lire notre article: L’alimentation occidentale: un déséquilibre du rapport oméga 3 / oméga 6

A lire aussi: Les omegas 3, définitions et généralités 

ANSES : Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail

AREDS : Age-related Eye Disease Study

 

Bibliographie :

J.M.Lecerf. Lipides et santé. Cahiers de Nutrition et de Diététique, vol 42, HS1 : 24-33. Février 2007.
A.Marttin et al. Apports nutritionnels conseillés pour la population française. Lavoisier, 2001.

 

 

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